MERRI YALUK

De jeunes hommes marchent le long des rives de la Merri Yaluk à Narrm Melbourne. Parsemés de plantes locales, d’arbres et de pierres de rivière, ils portent des paréos ‘ie lavalava, leurs torses sont nus, leurs esprits agaga calmes. Habillés et photographiés par l'artiste Léuli Eshraghi, lui-même en photo, les jeunes hommes se livrent à la présence spirituelle mana de la Merri Yaluk tout en respectant les pratiques coutumières samoanes dans ces espaces relationnels vā. Ainsi, les sens ouverts, ils se rapprochent des espaces aquatiques sacrés tapu du pays non cédé de Wurundjeri Biik. À travers ces connexions locales au Lieu, ils se dressent contre le déplacement de la diversité spirituelle, sexuelle et culturelle incarnée.

Photographiés le matin et le soir alors que les votives de prière fa'amalama aux ancêtres et aux dieux sont offertes, ces espaces aquatiques sacrés mais également pollués deviennent aussi, même hors du terroir ancestral, des lieux de reprise des pratiques culturelles des Premières nations mondiales. En reprenant les pratiques coutumières diasporiques des Premières nations en pays Wurundjeri Biik, à la fois d’un point de vue spirituel et social, les images des corps persan, javanais, mi’kmaq et samoan suggèrent la récupération d’une masculinité plus large et fluide. Ce faisant, ils commencent à corriger et à réparer le traumatisme des conceptions capitalistes européennes, qu’elles soient hétéronormatives, patriarcales mais aussi ethnocentristes, de la souveraineté du corps dans des espaces relationnels vā.

Young men walk along the banks of the Merri Yaluk in Narrm Melbourne. Interspersed with local plants, trees and river stones, they wear ‘ie lavalava sarong, their torsos bare, agaga spirits still. Clothed and photographed by artist Léuli Eshraghi, also photographed, the young men defer to the mana spiritual presence of the Merri Yaluk through Native Sāmoan ways of being in vā relational spaces. In this way, they meet the tapu sacred water spaces of unceded Wurundjeri Biik with senses open, mediating the displacement of embodied spiritual, sexual and cultural diversity through local connections to place.

Shot in the morning and evening, times when fa’amalama prayer votives to ancestors and gods are offered, these sacred yet polluted water spaces also become sites of renewed, if displaced, global First Nations cultural practices. In recontextualising diasporic First Nations ways of being spiritually and socially on Wurundjeri Biik, the images of Persian, Javanese, Mi’kmaq and Native Sāmoan bodies suggest recuperation of fluid and more expansive masculinity. In so doing, they begin to redress and repair the trauma of European capitalist, heteronormative, patriarchal, and ethnicity-bound conceptions of body sovereignty in vā relational spaces.

Fa’afetai tele lava ia Kiarash Zangeneh, Artur Brotolaras, Kirsten Lyttle, Torika Bolatagici, Lisa Hilli, Jason Anderson, Édouard Chrétien, Kimberley Moulton, ma Maddee Clark.

 

The Narrative of Location (Open), curated by Shivanjani Lal

27 Olo-ā-manu Pipiri June-4 Pālolo-mua Hōngongoi July 2015, Seventh Gallery

 

Queer Resistance, curated by Kirsty Ashleigh

12-28 Toe-utu-vā Hui-tanguru February 2015, RM Gallery